• Résumé du Père Goriot & Début

    Résumé

    Goriot mettait ses filles au rang des anges, et nécessairement au-dessus de lui, le pauvre homme! Il aimait jusqu'au mal qu'elles lui faisaient. (Livre de Poche, pp. 146-147)

    Epoque: automne 1819; lieu: paris, rue Neuve-Sainte Geneviève, maison Vauquer.

    Par sa cousine, la vicomtesse de Beauséant, qui l’initie aux mystères du grand monde, Rastignac perce le secret de Jean-Joachim Goriot: il s’est quasiment ruiné pour ses filles, Anastasie de Restaud et Delphine de Nucingen qui le tiennent à l’écart de leur vie : elles mènent grand train auprès de leurs maris aristocrates mais elles ont honte de la façon dont s’est enrichi leur père. Elles ne rechignent toutefois pas à accepter ses aides lorsque les y forcent leurs problèmes financiers.

    Vautrin révèle cyniquement à Rastignac les rouages de la société et les moyens de parvenir à la puissance. Il veut faire sa fortune et il le pousse à épouser Mademoiselle de Taillefer, dont il s’arrange pour faire tuer le frère en duel afin de lui rendre la disposition d’un riche héritage. Rastignac refuse de suivre Vautrin dans cette affaire criminelle. Il s’engage dans une relation amoureuse avec Delphine.

    Une enquête révèle que Vautrin est un ancien forçat, Jacques Collin, portant une marque qui n’apparaît que si l’on frappe la peau et que découvrent les agents venus l’arrêter.

    Le Père Goriot, qui croyait pouvoir quitter la pension avec Rastignac pour vivre auprès de sa fille Delphine, meurt en apprenant brutalement la situation familiale et financière désastreuse de ses filles, qui lui réclament son aide sans ménagement. Peu de temps avant, on lui avait diagnostiqué une grave crise d'apoplexie. Bianchon, un des pensionnaires et ami de Eugène de Rastignac, a lui-même diagnostiqué le Père Goriot.

    Rastignac assiste à l’enterrement du vieillard, que ses filles n’accompagnent même pas au cimetière. Bien qu’il soit assez ému par la détresse du vieillard, Rastignac se laisse emporter par sa passion du pouvoir et de l’argent et, subjugué par la vue des quartiers riches de Paris, il se lance à la conquête de la capitale : « À nous deux, maintenant ! ».

    Une chose importante à savoir sur le Père Goriot : sa montée des étages dans la pension Vauquer montre sa dégradation financière. En effet, il se ruine pour ses filles, et n'a donc plus assez d'argent pour habiter les meilleurs logements qui se trouvent au premier étage de la pension. Dans cet ouvrage, les étages de la pension Vauquer définissent la situation sociale et financière des personnages.

    Le père Goriot et Le roi Lear

    Certains analystes rapprochent ce roman de Balzac et le Roi Lear de Shakespeare. Toutefois, on peut noter des différences : le père Goriot se dépouille de sa fortune pour installer ses deux filles dans les hautes sphères, mais il n’a de préférence ni pour l’une ni pour l’autre contrairement au roi Lear qui a, lui, trois filles, et qui privilégie les deux flatteuses contre celle qui parle trop franchement.





    Début du livre

     Comme d'habitude, Balzac commence par planter le décor. Le roman commence par une longue description qui part du plus général (l'époque et le lieu) pour, petit à petit, focaliser sur un espace particulier, celui où se déroulera l'intrigue (la rue, la pension Vauquer). Les détails portant sur l'époque et le lieu relèvent bien sûr du souci de réalisme cher à Balzac. L'histoire de déroule à une date précieuse, dans un lieu précis, réel et connu de tous: elle est donc d'emblée comme donnée pour réelle et non fictive. Ce simulacre d'écrivain sert surtout à nous préparer à la rencontre de personnages qui prennent réalité, corps, au travers de la description et des éléments réalistes fournis par l'auteur. Il nous y prépare d'autant mieux que la plupart des personnages semblent pure émanation des lieux. Ainsi, la longue description de la Maison Vauquer nous prépare à l'apparition de sa tenacière dont la "personne dodue" est "en harmonie avec cette salle où suinte le malheur" : Madame Vauquer est en effet aussi laide et sale que sa pension, aussi vieille, hideuse et mesquine que le mobilier "vieux", "laid", "délabré", aussi grasse que sa nappe, aussi artificielle que ses fleurs. La plupart de ses pensionnaires, de même, sont fânés et pitoyables.

    Or, parmi ces personnages sans âme, sans humanité, qui se fondent avec le décor et sont même à certains moments décrits comme des objets ou des animaux, quelques personnages vont se détacher de la mesquinerie ambiante, à savoir le mystérieux Vautrin, Eugène de Rastignac et, bien sûr, le Père Goriot.
    La description sert ainsi merveilleusement l'intrigue. Figure-même de l'anti-héros, le Père Goriot, dont rien de l'allure misérable ne semble d'abord le distinguer des autres pensionnaires, semble surtout se singulariser par ses silences, silences dans lesquels il se mure lorsque ses co-pensionnaires, intrigués par ses escapades nocturnes, le prennent pour bouc émissaire et se moquent de lui en l'accusant d'entretenir des femmes. Ces soupçons ne font que rendre encore plus minables ces pensionnaires qui ne peuvent envisager d'autre réalité que la leur et enferment le Père Goriot dans un regard sordide. Celui-ci s'en trouve grandi. Ses silences, qui d'ailleurs donnent de l'étoffe à ce personnage qui semble résister, avec dignité, aux remarques suspicieuses, ne cachent que la noble passion d'un père qui se sacrifie à ses filles, malgré leur ingratitude. Sa mort sera celle d'un martyr. Elle sera, comme sa vie, celle du héros solitaire et incompris.


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