• Auteur : Diderot

    L'oeuvre : l'Encyclopédie

    Axes de lecture :

    • L'idée fondamentale du texte : l'autorité

    • L'autorité et ses origines
    • Les différents types d'autorité
    • Une argumentation rigoureuse
    • Un texte engagé

    Diderot, philosophe et homme de lettres du 18ème siècle traite ici de la question politique. Cet article est tiré de l'Encyclopédie dans lequel Diderot dénonce l'abus de pouvoir et l'oppression de ceux qui l'exercent. Cet article conteste et interroge sur la notion d'autorité. En décrivant le pouvoir politique, il s'attaque à l'absolutisme tout en jouant de l'ambiguïté de l'article encyclopédique.

    L'idée fondamentale du texte

    Thèse de Diderot : « C'est au peuple que l'autorité appartient »

    Cet article pose la question des régimes politiques. Montesquieu, lui en distingue trois dans « l'esprit des lois » en 1748 :

    • le régime monarchique 

    • le régime républicain
    • le régime despotique

    Mouvements du texte :

    • Origine de l'autorité dans les sociétés primitives : autorités naturelles et non naturelles (l.1-10)

    • Autorité par la force et la violence (l.11-16)
    • Simple transition entre l'autorité par la force et celle par le consentement (l.17-20)
    • Autorité par le consentement des peuples (l.21-28)

    Une argumentation rigoureuse

    • Les différents types d'autorité

      • Origine de l'autorité :

    Dans le 1er paragraphe, Diderot fait allusion à deux idées développées par les philosophes de ce siècle : la liberté et l'homme à l'état naturel.

    (l.1) : dès son postulat, Diderot affirme qu'il y a une absence d'autorité naturelle et met en place le principe d'égalité des Hommes associée à la notion de liberté : droit naturel de l'Homme.

    Formulation qui fait de l'idée, une idée très catégorique avec l'emploi de

    (l.1) « aucun »

    (l.1-2) « droit » répétition du mot qui accentue le fait que l'autorité n'est pas naturelle puisqu'elle vient d'un droit

    (l.2) « chaque individu »

    (l.6) « Toute autre autorité »

    Il y a ici une double formulation du postulat :

    • Une réfutation :(l.1) « aucun homme n'a reçu de la nature le droit de commander aux autres »

    • une affirmation : (l.2-3) « la liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d'en jouir aussitôt qu'il en jouit de la raison » a

    La source de l'autorité n'est pas naturelle et vient d'ailleurs.

    • L'autorité naturelle : l'autorité paternelle

    (l.3-4) «  Si la nature a établi quelque autorité, c'est la puissance paternelle » : Diderot admet que la nature a pu établir une autorité qui est celle du père de famille mais cette autorité est très vite limiter.

    (l.4) « mais » : connecteur logique qui oppose

    (l.4) « bornes »

    (l.5) « finirait »

    Il délimite particulièrement cette autorité dans le temps « aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire ». Dès que l'enfant est adulte, il est capable de se gouverner lui-même et de ce fait, l'autorité paternelle cesse dès qu'elle n'est plus exercée par un père dans le cadre strictement familial.

    • L'autorité non naturelle :

    (l.6) « Toute autre autorité vient d'une autre origine que la nature » - Reprise de l'idée catégorique du départ, c'est à dire aucune existence d'une autorité naturelle.

    Il y a donc deux autres sources de l'autorité :

    • autorité par la force et la violence (illégitime)

    • autorité par le consentement, le contrat des peuples (légitime)

    Ces deux autorités proviennent de la société et des hommes (l.6à10).

    • Autorité par la force et la violence : autorité de faits (l.11à16)

    Diderot va dénoncer l'autorité par la force et la violence.

    Champ lexical de la violence :

    (l. 11) « la violence »

    (l.12) « la force »

    (l.12)  « commande »

    (l.13) « les plus forts »

    (l.14) « le joug »

    (l.15-16) « la loi du plus fort »

    Mise en évidence d'un rapport de force entre l'individu qui domine tous les autres et ceux qui sont dominés.

    (l.12) « celui qui » s'oppose à « ceux qui »

    Pour Diderot, cette autorité est contestable, autoritaire, arbitraire, illégitime, injuste et sans règles qui renvoient au mot « tyran » (l.16). Cette autorité a des limites qui découlent de sa nature même, c'est à dire de la force. Le rapport de force peut néanmoins s'inverser : Diderot évoque ici une situation de renversement politique.

    Le droit de renversement de système (l.15) démontre que Diderot réalise une antiphrase : il dit le contraire de ce qu'il pense, il ironise car une loi qui aboutirait à cela ne peut être une vraie loi.

    Il qualifie le pouvoir par la force d'  « usurpation » (l.11) terme très fort : cette autorité est régit par la loi du plus fort, personne n'est assez fort pour être sûr d'être toujours le plus fort.

    On peut aussi remarquer que Diderot abuse volontairement des termes de « droit » et « loi » car cette autorité n'est qu'un rapport sans contrat de réciprocité : forte antithèse avec (l.12) « qui commande » / (l.13) « obéissent »

    Cette autorité repose aussi sur un rapport d'instabilité avec l'insistance sur la durée :

    (l.11-12) « ne dure autant que »

    (l.13) « deviennent à leur tour »

    (l.14) « secouent »

    antithèse : (l.15) « fait » / (l.15) « défait »

    Pour Diderot, le tyran est celui qui tient son autorité de la force.

    L'universalité du texte permet à Diderot de renforcer sa critique contre la tyrannie.
    Ainsi, l'absolutisme se voit dans l'acquisition de la force par la violence. Dans le premier paragraphe, il y a une critique de toute forme d'autorité : c'est une chose usurpée. On remarque l'analogie entre "commander" (l.1) et "autorité" (.l4) et l'opposition entre "aucun homme" (l.1) et "autres" (l.2) : il y a une injustice, un homme commande les autres.
    Dès le second paragraphe, la puissance par la violence est condamnée : "usurpation" (l.12) et "ne…que" (l.13) renforcent cette idée. De plus, ce système est instable politiquement : Diderot reproche principalement cela car le renversement de pouvoir crée une instabilité ("autant….que" l.15 introduit une limitation). On note également un système de balancier entre "celui qui commande" (l.13) et "ceux qui obéissent" (l.14) : il y a un jeu de désignation des forces, grâce aux pronoms de démonstration ; cela montre bien le rapport de force en présence.
    Ainsi, le renouvellement de la tyrannie (ou retournement de situation) se fait dans un monde de non-droit car "aucun homme n'a reçu le droit de commander aux autres" (l.1).

    (l.17-20) Simple transition. Il y a des termes qui renvoient à :

    • l'autorité par la force

    (l.17) « violence »

    (l.18-19) «  ceux qu'on a soumis »

    (l.20) « tyran »

    • l'autorité par le consentement

    (l.17) « change de nature »

    (l.18) « du consentement exprès »

    (l.20) « prince »

    On passe d'un pouvoir illégitime à un pouvoir légitime : on passe d'une autorité par la force à une autorité par le consentement : le tyran devient un prince.

    Autorité par le consentement des peuples : (l.21-28)  autorité par le droit.

    Ce paragraphe est consacré à l'autorité avec le consentement des peuples. Cette autorité est celle à laquelle Diderot donne le plus d'importance.

    Diderot a l'espoir d'une situation future plus juste, il dresse le tableau d'une société plus idéale et synonyme de liberté :

    • grâce au consentement populaire avec le contrat

    • avec une réglementation des lois et des règles pour en fixer des limites et les rendre plus justes
    • par une limitation de l'autorité, que si elle est nécessaire, elle ne doit pas dépasser certaines bornes. Le pouvoir doit être (l.22) « utile à la société » et (l.23)  « avantageux à la république »

    L'autorité appartient au peuple et cette possession est inaliénable. Diderot légitime l'autorité par consentement en passant par Dieu.

    Une argumentation pour éviter la censure :

    Bien qu'athée, Diderot n'omet pas ans sa définition de l'autorité la présence de Dieu. Il semble préconiser une soumission totale de l'Homme à Dieu, une telle prise de position peut être assimilée à une précaution mais peut être aussi une remise en cause de l'appareil religieux et clérical, lié à la politique. Peut-être enfin, que Diderot puisqu'il ne croit pas en Dieu, tente de dire que la soumission totale à ce dernier n'existe pas.

    Mais Diderot ne dénonce pas ouvertement le système dans lequel il vit : il parle de la tyrannie au sens général. Il y a donc un jeu implicite : il fait l'éloge d'un système et la critique de tous les autres. En plus, personne ne peut critiquer sa thèse car il a pour seul maître Dieu (l.26). On ne peut le contredire car il utilise un argument des catholiques contre eux : "immédiat" (l29), dénonce l'inutilité du roi car "jaloux" et "ne perd point" (l.29) montrent que Dieu ne donne ses pouvoirs. Par contre, "mais" (l.33) introduit une concession : Diderot transmet, par le biais de Dieu, la "raison" (l.33). Il y a donc une opposition entre l'aveuglement et la raison, et la mesure et sans réserve : c'est une antithèse et un rythme binaire (cela permet l'équilibre de l'opposition). D'après Diderot, tout ce qu'il dit émane de Dieu.

    Champ lexical de la soumission à Dieu :

    (l.24) « entièrement »

    (l.24) « sans réserve »

    (l.25) « maître supérieur »

    Cette soumission montre une insistance sur le caractère exclusif de cette soumission.

    Caractéristiques de Dieu selon Diderot

    (l.26) « pouvoir immédiat sur la créature » créature = homme

    (l.27) « maître aussi jaloux qu'absolu » : Dieu a le pouvoir sur tout le monde.

    Ici, Dieu apparaît négativement : il n' y a qu'un seul maître et c'est Dieu et pas le roi souverain. I

    Implicitement, Diderot combat l'autorité de la monarchie absolue selon laquelle le monarque absolu a la totalité des pouvoirs. Diderot utilise Dieu pour nier l'existence de la monarchie absolue qui est soi disant basée sur « le droit divin » : il bénéficie de la caution de Dieu pour récurer l'Eglise.

    (l.27-28) « ne perd jamais de ses droits et ne les communique point »

    Diderot pense ici qu'aucun homme n'a les droits de Dieu. Chaque homme a ses propres droits mais qui ne doivent pas dépasser ou égaler ceux de Dieu.

    Selon le texte, Dieu existe et la liberté existe en venant de Dieu.

    (l.24-26) « l'homme ne peut ni se donner entièrement et sans réserve à un autre homme, parce qu'il a un maître supérieur au-dessus de tout, à qui il appartient tout entier »

    Diderot condamne cette attitude dans l'autorité par le consentement.

    On ne peut pas se soumettre entièrement à un autre homme car seul Dieu a le droit à cette soumission. C'est parce que l'Homme ne s'appartient pas qu'il ne peut pas appartenir à un autre homme. Il devrait y avoir un homme qui dirige tous les autres sans égaler « le créateur » (Dieu).

    C'est pour cela qu'il y a nécessité de limites pour éviter un autoritarisme excessif pour que le souverain ne soit pas un remplaçant de Dieu.

    Pour Diderot, toute soumission illimitée serait une offense à Dieu.

    Axes de lecture :

     

    I)Un raisonnement rigoureux

    La critique dans ce texte est solidement argumentée et un simple article d'encyclopédie peut devenir une vraie satire.

    1.  
      • Postulat 

    Diderot expose son postulat, sa thèse de réflexion au tout début de l'argumentation et l'exprime comme si c'était une vérité générale

    (l.1) Expression du postulat de Diderot : « Aucun homme n'a reçu de la nature le droit de commander aux autres » : ton très affirmatif et catégorique, voire péremptoire : il conteste du pouvoir autoritaire et plaide pour la liberté.

    L'autorité est très liée à la notion de liberté. Les limites de l'autorité viennent du caractère véritable de la liberté. L'une et l'autre se définissant mutuellement.

    Pour Diderot, un homme naît libre et non sujet.

    « Aucun homme »: exclut la possibilité d'une personne même. Aucun homme ne saurait être légitime si son autorité ne provient de l'abandon librement consenti ou d'une partie de la liberté attachée à la nature humaine.

    1.  
      • Objectivité 

    Peu de pronoms personnels illustrant l'implication du narrateur, formules générales.

    Il veut envisager tous les cas possibles, il veut être exhaustif : "quelquefois" montre que Diderot examine les cas rares, et "qu'on examine bien…" suggère qu'il n'y a que deux solutions. L'article est donc ciblé, cadré.

    Diderot, pour renforcer sa thèse, la présente comme universelle.
    Ainsi, le pronom personnel "il" est dominant dans le texte. On note cependant la présence d'un pronom personnel "on" (l.7) : il désigne le narrateur et le locuteur tandis que celui (l.20) représente le tyran. Ce "je"' (l20) n'indique pas que le narrateur prend parti, mais montre qu'il prend part à l'analyse : il a un rôle d'intermédiaire. Ainsi, l'ensemble des pronoms personnels donne une dimension objective et une impression de neutralité à l'article.

    On note que le texte est majoritairement rédigé au présent de l'indicatif : il a une valeur de vérité générale. Cela insiste sur l'universalité du texte. De plus, des phrases explicites, déclaratives s'opposent avec des phrases longues constituées de propositions. Les phrases courtes sont placées en fin de paragraphe : elles ont une fonction de conclusion et marquent des constats forts. Cela renforce donc une logique de discours : Diderot martèle d'idées claires et non contestables.
    Cet article a donc une image de neutralité, de vérité universelle.

    • Progression visible de l'analyse avec des signes typographiques 

    L'article encyclopédique est partagé en 4 paragraphes qui constituent la marque apparente d'une pensée claire ; l'auteur a un souci d'organisation. La division du texte en paragraphes souligne les étapes du raisonnement argumentatif.

    1.  
      • Diderot nous expose :

    • (l.1-10) sa thèse et les origines de l'autorité 

    • (l.11-16) autorité naturelle : l'autorité paternelle :

    Le connecteur logique " si……..mais " (l. 3-4) induit un raisonnement concessif : Diderot introduit ainsi son point de vue doucement, tout en respectant celui de son adversaire. On remarque donc que " mais " (l4), "tout autre" (l.6) et "ou" (l.10) révèlent deux opinions qui s'opposent : Diderot présente le plan de son article.

    • (l.17-20) Le troisième paragraphe a une fonction de transition : "dont je vais parler" (l.20). On note ainsi le changement d'idée : Diderot aborde une nuance de l'autorité, il passe de la violence au contrat

    • (l.21-28) autorité non naturelle : autorité par la force et le consentement

    On peut remarquer que le 1er et le 2ème paragraphe, celui qui parle de l'autorité par la violence et le consentement début tout les deux par «  la puissance qui…. » : Diderot nous annonce ce dont il va parler : ce sont des phrases d'appel.

    Ainsi, Diderot commence à la base, la nature puis glisse vers l'autorité de la puissance, et enfin vers l'autorité de consentement : il progresse du négatif vers le positif, du provisoire vers le durable.


    On remarque aussi que Diderot a un esprit de démonstration.

    1.  
      • Connecteurs logiques 

    Dans un texte argumentatif les connecteurs logiques permettent de souligner les articulations de la pensée en rendant apparentes les étapes du raisonnement.

    (l.4) « mais »

    (l.19) « mais »

    (l.24) « car »

    (l. 3-5) « aussitôt »

    (l.13) « en sorte que »

    (l.18) « quelque fois »

    (l.25) « parce que »

    (l.15) « alors »

    On distingue différentes relations logiques :

    1.  
      • pour expliquer un phénomène : la cause et la conséquence 

      • pour enrichir l'argumentation : la comparaison, l'opposition, la concession et l'alternative
      • pour élargir l'argumentation : le but et l'hypothèse
      • pour mettre en ordre les idées : le classement, l'addition et la conclusion
      • pour illustrer : l'exemple et l'illustration.
    1.  
      • Champs lexical du raisonnement

    « raison » « suppose » « des conditions »

    II)Un texte engagé

    C'est un texte d'une grande audace où Diderot tente d'orienter la réflexion des lecteurs vers le rejet des régimes politiques autoritaire et surtout celui de la monarchie absolue.

    1.  
      • Dénonciation de l'autorité politique absolu 

    Au XVIII° siècle, Diderot n'est pas un libertin mais un philosophe engagé dans divers combats politiques, sociaux ou religieux. Dans cet article paru dans l'Encyclopédie, dont il fut l'un des grands collaborateurs, il critique plus spécialement la monarchie absolue qui fut à son apogée à la fin du 17°s. début du 18°. s avec Louis XIV : Diderot vivait dans ce contexte politique et le combattait implicitement pour éviter la censure.

    (l.26-27-28) « C'est Dieu dont le pouvoir est toujours immédiat sur la créature, maître aussi jaloux qu'absolu, qui ne perd jamais de ses droits et ne les communique point »

    Puisque Dieu est le maître absolu et que personne d'autre n'a ses droits, la monarchie absolue n'a lieu d'exister puisqu'elle repose sur le pouvoir divin : le monarque absolu se dit intermédiaire entre Dieu et le peuple.

    1.  
      • Style oratoire avec 

    • Des périodes : qui sont de phrases longues et rythmée avec plusieurs pauses secondaires, qui donne au discours un rythme et une ampleur qui traduisent le force de conviction du locuteur.

    Ex : (l.3-6) « si la nature a établi quelque autorité, c'est la puissance paternelle ; mais la puissance paternelle a ses bornes ; et dans l'état de la nature, elle finirait aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire. » Longue phrase avec des pauses par les virgules et les points virgule.

    1.  
      • Un texte catégorique

    qui marque que l'auteur est engagé et qui est aussi une marque de certitude.

    En argumentant, le locuteur affirme sa certitude d'être dans le vrai ; il use d'expression qui traduisent son assurance, sa confiance dans ses idées comme

    Enfin, des modalisateurs suggèrent la certitude de Diderot dans sa thèse.

    (l.1) « aucun »

    (l.2) « chaque »

    (l.6) « toute autre autorité »

    (l.6-7) « qu'on examine bien »

    (l.7) « toujours »

    (l.22) « nécessairement »

    (l.26) « toujours »

    (l.27) « jamais »

    (l.28) « point »

    La conviction d'avoir raison s'affiche également dans les verbes d'obligation.

    (l.24) « l'homme ne peut, ni ne doit »

    1.  
      • Lexique péjoratif 

    « usurpation » « joug » « tyran »

    Conclusion :

    Diderot utilise la conviction puisqu'il fait appel au raisonnement pour convaincre le destinataire. Raisonnement rigoureux auquel il est difficile de répliquer et qui fait apparaître son point de vue au niveau des idées.

    Tout en se maintenant dans le cadre de l'article encyclopédique, Diderot met en place un discours, audacieux parce qu'il s'attaque au fondement de l'autorité politique du moment. La tonalité "objective" de l'article lui permet de développer une argumentation à la logique implacable qui, en retournant les arguments religieux de ses adversaires, lui permet de détruire la légitimité du monarque de droit divin, tout en lui substituant l'idée de liberté et de démocratie. La nature même de Dieu rendant impossible la tyrannie, l'homme se retrouve logiquement condamné à la liberté.

    Cet article de L'Encyclopédie définit l'autorité mais est aussi une critique de la monarchie absolue de droits divins. Le postulat de Diderot est que l'autorité n'est pas naturelle. Il existe deux sortes d'autorité : celle qui émane de la force et celle qui émane du consentement. C'est à cette dernière que Diderot donne le plus d'importance de manière à critiquer la monarchie française de l'époque. Cet article est construit très rigoureusement.
    Cette critique du pouvoir est également faite dans Lettres Persanes de Montesquieu.

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  • INTRODUCTION :

    • AUTEUR : Voltaire (1694-1778) exilé en Angleterre (censure). Un des philosophes les plus actifs de son temps. Il a fréquenté Frédérique 2, roi de Prusse. Ses cendres sont au Panthéon. Principales oeuvres :ZadigCandide, Micromégas pour les contes philosophiques et des essais tels que essai sur les moeurs.

    • ŒUVRE : Traité sur la tolérance est un essai philosophique (1763) où Voltaire développe ses idées contre le fanatisme et la persécution.

    • EXTRAIT : C’est un extrait du chapitre 23. Ce texte présente la forme d’une prière en apparence, sachant que Voltaire est déiste cette prière est détournée et s’adresse, non pas à Dieu, mais aux hommes. C’est un appel à la tolérance entre les hommes. Il montre que les pratiques ou les rites religieux sont des sources de conflits entre les hommes. Voltaire appelle à la liberté dans la pratique de la religion ce qui rejoint son déisme.

    LECTURE DU TEXTE

          Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse ; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps : s’il est permis à de faibles créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers, d’oser te demander quelque chose, à toi qui a tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature ; que ces erreurs ne fassent point nos calamités. Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère ; que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi ; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution ; que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supporte ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil ; que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire ; qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau ; que ceux dont l’habit est teint en rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d’un petit tas de boue de ce monde, et qui possèdent quelques fragments arrondis d’un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu’ils appellent grandeur et richesse, et que les autres les voient sans envie : car tu sais qu’il n’y a dans ces vanités ni envier, ni de quoi s’enorgueillir.

          Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères ! Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible ! Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu'à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant.

     

    Voltaire, Traité sur la tolérance, Chapitre XXIII
    Remarque : Les lignes du texte ne correspondent pas aux lignes citées dans l'analyse thématique. 


    STRUCTURE DU TEXTE

    Ligne 1 à 5 : adresse de la prière à Dieu (en apparence)

    Ligne 5 à 19 : contenu de la prière avec énumération des différents aspects de l’intolérance en matière de religion.

    Ligne 20 à 25 : appel aux hommes pour la paix et pour une union entre eux. 


    ANNONCE DE LA METHODE D’EXPLICATION

    Analyse thématique selon 3 axes :

    1/ Une apparence de prière

    2/ Une prière adressée aux hommes

    3/ Un manifeste déisme 


    EXPLICATION THEMATIQUE DU TEXTE

    1/ Une apparence de prière

    a/ Présence de Dieu

    - L’adresse de la prière à Dieu (ligne 1).

    - Il est interpellé à la 2ème personne du singulier : " à toi " Ligne 1, " tu " Ligne 5, " devant toi " Ligne 10, " t’aimer " Ligne 13, " t’adorer " Ligne 14, " tu sais " Ligne 18

    - L’insistance sur les qualités de Dieu et sur l’infériorité des Hommes :

    - Qualités de Dieu : son universalité : " Dieu de ... " Ligne 1, sa générosité absolue : " à toi qui a tout donné " Ligne 3, sa puissance et son éternité " dont les décrets sont immuables comme éternels "Lignes 4 et 5, sa bonté : " ta bonté " Ligne 24, son omniscience : " car tu sais "Ligne 18. 
    - Infériorité des hommes : la faiblesse : " faibles créatures " Ligne 2, " imperceptibles " Ligne 2, " nos débiles corps " Ligne 7, " les atomes appelés hommes " Ligne 10.
    b/ Une demande

    - Demande constante d’aide : " fais que " Ligne 6, " daigne " à l’impératif. L’expression " fais que " est suivie de plusieurs subordonnées au subjonctif Lignes 6 à 18

    - Le contenu de la demande est propre à une prière puisqu’il renvoie à la compréhension, la tolérance entre les hommes et la fin des guerres.

    - Demande humble qui souligne la soumission de l’homme devant dieu : " " s’il est permis à de faibles créatures " Ligne 2, " oser te demander " Ligne 3, " daigne " Ligne 4

    - Le rythme du texte est très ample : phrases très longues : Ligne 1 à 5, Ligne 5 à 19, Ligne 22 à 25. 


    2/ Une prière en réalité adressée aux hommes.

    - Il y a une contradiction apparente entre ce destinataire et la forme qu’il a donné à ce texte. En réalité ce texte n’est pas une vraie prière qui s’adresse à Dieu, c’est en fait un texte qui s’adresse aux hommes.

    - Evolution dans l’utilisation des pronoms : de " toi ", " tu ", " te " (l’adresse à Dieu) Ligne 1 à 5 à " nos ", " nous " Ligne 5 à 19 qu’on voit apparaître à plusieurs reprises (Voltaire et les autres hommes) puis " ceux qui " Lignes 12 et 15 et enfin dans la dernière partie du texte, il ne s’adresse plus qu’aux hommes : " puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères " Ligne 20 : La présence de Dieu disparaît peu à peu pour laisser place aux hommes.

    - Il y a une insistance sur le comportement destructeur des hommes. Voltaire s’adresse donc bien aux hommes à qui ces comportements sont spécifiques : " haine et persécution " Ligne 11, " haïr et égorger " Ligne 5 et 6, " nos lois imparfaites " Ligne 8 , " vanité " Ligne 18, " la tyrannie " Ligne 20, " le brigandage " Ligne 21, " les fléaux de la guerre " Ligne 22

    - L’adresse qui est faite à Dieu est peu marquée il n’y a que 2 verbes " daigne " et " fais que ". En revanche le contenu de la demande est très importante : " Ligne 5 à 19 " mais comme " fais que " n’est pas répété, on a l’impression que la demande est faite directement aux hommes à travers " ceux que " etc.

    - L’expression : " tu ne nous a point donné un cœur pour nous haïr et des mains pour nous égorger " écarte la responsabilité divine pour mettre en avant celle des hommes. Dieu a donné des capacités aux hommes mais eux les utilisent mal.

    Voltaire met en cause dans le texte la responsabilité des hommes dans leur manière de vivre entre eux. 


    3/ Un manifeste déiste.

    a/ La condamnation des rites.

    - La critique de la hiérarchie religieuse est très présente L ; 15 à 17. Voltaire reproche aux ecclésiastiques leur goût pour l’argent, la fortune et le pouvoir. Il utilise des périphrases pour désigner cette hiérarchie ecclésiastiques qui sont une manière de la refuser : " ceux dont l’habit est teint en violet " (évêques), " ceux dont l’habit est teint en rouge " (cardinaux), " quelques fragments arrondis d’un certain métal " (argent), " un jargon formé d’une ancienne langue " (latin) Lignes 14-15. Ces périphrases de plus, dévalorisent ce dont il est question : " jargon " Ligne 14, " petit tas de la boue " Ligne 16.

    - Critique des rites multiples qui sont source de conflits entre les hommes : " ...lumière... "Ligne 11, " ...leur robe....manteau .... " Ligne 17 à 19, différence de vêtement, de langue Lignes 14 et 15. Toutes ces différences sont susceptibles d’engendrer la haine entre les hommes. L’idée de division et d’intolérance entre les hommes est mise en relief est mise en relief par la structure des phrases : " ceux qui.... ceux qui... " " haïr " Ligne 5 renvoie à l’intolérance ainsi que " haine et persécution "Ligne11, " supportent " Ligne 12 et " ne détestent pas " Ligne 13. Selon Voltaire ces différences de rites sont insignifiantes : " ces petites nuances " Ligne 10

    b/ Un Dieu indéterminé et universel

    Voltaire ne s’adresse pas au Dieu des chrétiens mais au Dieu de tous les hommes : " Dieu de tous les êtres, de tous les mondes, de tous les temps " Lignes 1 et 2 répétition de tous., " à bénir également en 1000 langages divers " Ligne 24.

    c/ Une exigence de compréhension entre les hommes

    Pour Voltaire, la compréhension et la tolérance se situe sur un plan religieux mais aussi sur un plan social : " brigandage " Ligne 21, " guerre " Ligne 22. Voltaire voudrait que les hommes aboutissent à : " la paix " Ligne 23, " ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas " Ligne 22, " que nous nous aidions mutuellement " Ligne 6, " qu’ils ne détestent pas " Ligne 13, " qu’ils supportent " Ligne 12

    Le déisme de Voltaire c’est la reconnaissance d’une divinité, le fait qu’il faut dépasser des pratiques rituelles, le rejet de toutes les formes de violence aussi bien sur le plan religieux que social.

     

    CONCLUSION :

    Le texte a la forme d’une prière en apparence, en réalité le contenu de la demande du texte est adressé aux hommes. Le but de Voltaire est d’amener les hommes à une tolérance mutuelle sur le plan religieux et social. C’est un appel à la fraternité entre les hommes. C’est un texte qui développe également le déisme de Voltaire : condamnation de la hiérarchie et des pratiques religieuses qui divisent les hommes.

    Ce texte fait parti du combat qu’ont mené au 18ème Siècle les philosophes pour la tolérance et le respect entre les hommes. 

    (Florence.F)


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  • INTRODUCTION :
    • AUTEUR : Voltaire (1694-1778) exilé en Angleterre (censure). Un des philosophes les plus actifs de son temps. Il a fréquenté Frédérique 2, roi de Prusse. Ses cendres sont au Panthéon. Principales oeuvres : Zadig, Candide, Micromégas pour les contes philosophiques et des essais tels que essai sur les moeurs.
    • ŒUVRE : Traité sur la tolérance est un essai philosophique (1763) où Voltaire développe ses idées contre le fanatisme et la persécution.
    • EXTRAIT : C’est un extrait du chapitre 23. Ce texte présente la forme d’une prière en apparence, sachant que Voltaire est déiste cette prière est détournée et s’adresse, non pas à Dieu, mais aux hommes. C’est un appel à la tolérance entre les hommes. Il montre que les pratiques ou les rites religieux sont des sources de conflits entre les hommes. Voltaire appelle à la liberté dans la pratique de la religion ce qui rejoint son déisme.

    1/ Une apparence de prière

    a/ Présence de Dieu

    - L’adresse de la prière à Dieu (ligne 1).

    - Il est interpellé à la 2ème personne du singulier : " à toi " Ligne 1, " tu " Ligne 5, " devant toi " Ligne 10, " t’aimer " Ligne 13, " t’adorer " Ligne 14, " tu sais " Ligne 18

    - L’insistance sur les qualités de Dieu et sur l’infériorité des Hommes :

    - Qualités de Dieu : son universalité : " Dieu de ... " Ligne 1, sa générosité absolue : " à toi qui a tout donné " Ligne 3, sa puissance et son éternité " dont les décrets sont immuables comme éternels "Lignes 4 et 5, sa bonté : " ta bonté " Ligne 24, son omniscience : " car tu sais "Ligne 18.
    - Infériorité des hommes : la faiblesse : " faibles créatures " Ligne 2, " imperceptibles " Ligne 2, " nos débiles corps " Ligne 7, " les atomes appelés hommes " Ligne 10.
    b/ Une demande

    - Demande constante d’aide : " fais que " Ligne 6, " daigne " à l’impératif. L’expression " fais que " est suivie de plusieurs subordonnées au subjonctif Lignes 6 à 18

    - Le contenu de la demande est propre à une prière puisqu’il renvoie à la compréhension, la tolérance entre les hommes et la fin des guerres.

    - Demande humble qui souligne la soumission de l’homme devant dieu : " " s’il est permis à de faibles créatures " Ligne 2, " oser te demander " Ligne 3, " daigne " Ligne 4

    - Le rythme du texte est très ample : phrases très longues : Ligne 1 à 5, Ligne 5 à 19, Ligne 22 à 25.


    2/ Une prière en réalité adressée aux hommes.

    - Il y a une contradiction apparente entre ce destinataire et la forme qu’il a donné à ce texte. En réalité ce texte n’est pas une vraie prière qui s’adresse à Dieu, c’est en fait un texte qui s’adresse aux hommes.

    - Evolution dans l’utilisation des pronoms : de " toi ", " tu ", " te " (l’adresse à Dieu) Ligne 1 à 5 à " nos ", " nous " Ligne 5 à 19 qu’on voit apparaître à plusieurs reprises (Voltaire et les autres hommes) puis " ceux qui " Lignes 12 et 15 et enfin dans la dernière partie du texte, il ne s’adresse plus qu’aux hommes : " puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères " Ligne 20 : La présence de Dieu disparaît peu à peu pour laisser place aux hommes.

    - Il y a une insistance sur le comportement destructeur des hommes. Voltaire s’adresse donc bien aux hommes à qui ces comportements sont spécifiques : " haine et persécution " Ligne 11, " haïr et égorger " Ligne 5 et 6, " nos lois imparfaites " Ligne 8 , " vanité " Ligne 18, " la tyrannie " Ligne 20, " le brigandage " Ligne 21, " les fléaux de la guerre " Ligne 22

    - L’adresse qui est faite à Dieu est peu marquée il n’y a que 2 verbes " daigne " et " fais que ". En revanche le contenu de la demande est très importante : " Ligne 5 à 19 " mais comme " fais que " n’est pas répété, on a l’impression que la demande est faite directement aux hommes à travers " ceux que " etc.

    - L’expression : " tu ne nous a point donné un cœur pour nous haïr et des mains pour nous égorger " écarte la responsabilité divine pour mettre en avant celle des hommes. Dieu a donné des capacités aux hommes mais eux les utilisent mal.

    Voltaire met en cause dans le texte la responsabilité des hommes dans leur manière de vivre entre eux.


    3/ Un manifeste déiste.

    a/ La condamnation des rites.

    - La critique de la hiérarchie religieuse est très présente L ; 15 à 17. Voltaire reproche aux ecclésiastiques leur goût pour l’argent, la fortune et le pouvoir. Il utilise des périphrases pour désigner cette hiérarchie ecclésiastiques qui sont une manière de la refuser : " ceux dont l’habit est teint en violet " (évêques), " ceux dont l’habit est teint en rouge " (cardinaux), " quelques fragments arrondis d’un certain métal " (argent), " un jargon formé d’une ancienne langue " (latin) Lignes 14-15. Ces périphrases de plus, dévalorisent ce dont il est question : " jargon " Ligne 14, " petit tas de la boue " Ligne 16.

    - Critique des rites multiples qui sont source de conflits entre les hommes : " ...lumière... "Ligne 11, " ...leur robe....manteau .... " Ligne 17 à 19, différence de vêtement, de langue Lignes 14 et 15. Toutes ces différences sont susceptibles d’engendrer la haine entre les hommes. L’idée de division et d’intolérance entre les hommes est mise en relief est mise en relief par la structure des phrases : " ceux qui.... ceux qui... " " haïr " Ligne 5 renvoie à l’intolérance ainsi que " haine et persécution "Ligne11, " supportent " Ligne 12 et " ne détestent pas " Ligne 13. Selon Voltaire ces différences de rites sont insignifiantes : " ces petites nuances " Ligne 10

    b/ Un Dieu indéterminé et universel

    Voltaire ne s’adresse pas au Dieu des chrétiens mais au Dieu de tous les hommes : " Dieu de tous les êtres, de tous les mondes, de tous les temps " Lignes 1 et 2 répétition de tous., " à bénir également en 1000 langages divers " Ligne 24.

    c/ Une exigence de compréhension entre les hommes

    Pour Voltaire, la compréhension et la tolérance se situe sur un plan religieux mais aussi sur un plan social : " brigandage " Ligne 21, " guerre " Ligne 22. Voltaire voudrait que les hommes aboutissent à : " la paix " Ligne 23, " ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas " Ligne 22, " que nous nous aidions mutuellement " Ligne 6, " qu’ils ne détestent pas " Ligne 13, " qu’ils supportent " Ligne 12

    Le déisme de Voltaire c’est la reconnaissance d’une divinité, le fait qu’il faut dépasser des pratiques rituelles, le rejet de toutes les formes de violence aussi bien sur le plan religieux que social.

     

    CONCLUSION :

    Le texte a la forme d’une prière en apparence, en réalité le contenu de la demande du texte est adressé aux hommes. Le but de Voltaire est d’amener les hommes à une tolérance mutuelle sur le plan religieux et social. C’est un appel à la fraternité entre les hommes. C’est un texte qui développe également le déisme de Voltaire : condamnation de la hiérarchie et des pratiques religieuses qui divisent les hommes.

    Ce texte fait parti du combat qu’ont mené au 18ème Siècle les philosophes pour la tolérance et le respect entre les hommes.

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  • Introduction

         Montesquieu (1689-1755) est philosophe, moraliste et écrivain français. Il doit sa célébrité à l'une de ses œuvres : Les Lettres persanes publiées en 1721. Les Lettres persanes est un roman épistolaire. Cette correspondance a été créée afin d'obliger le lecteur français à regarder d'un œil neuf son propre mode de vie, sa culture, ses institutions ses dirigeants. Nous allons aujourd'hui étudier l'une de ces lettres : la lettre 37. Cette lettre fut écrite en 1713 par Usbek à Ibben. Usbek parle du roi et de ses incohérences.



    I - Une correspondance fictive

    A- Indices épistolaires

    Mise en page (date, lieu, émetteur, récepteur)
    Enonciation (je/vous)
    Temps utilisés (temps du discours : présent, passé composé)

    B- La fiction orientale

    Invention d'un calendrier
    Noms choisis à consonance perse " Smyrne " ; " Ibben " ; " Usbek "
    Comparaison du régime français à leur " sultan " ; " politique orientale "

    C- Le double destinataire

    Le 1er est Ibben (le fictif)
    Le 2ème est le lecteur français du 18ème siècle, car le vrai auteur n'est pas Usbek mais Montesquieu qui vise à faire voir d'un autre œil la société française.


    II - Le jeu des contradictions

    A- Les différentes formes de contradiction

    Il y a les contraires formulées par des antithèses. Les termes sont opposés. CITER
    Il y a les contraires formulées par de simples phrases. Les idées sont opposées à la logique populaire.

    B- L'incohérence d'un comportement

    La 1ère phrase est : " le roi de France est vieux ", or, le contenu ne parle pas de la vieillesse du roi. Pour autant, il existe un lien entre ces deux éléments : en effet, l'incohérence des actions du roi est liée à sa vieillesse.


    III - Un portrait critique

    A- Les vices du pouvoir

    Les incohérences du roi sont graves car il a beaucoup de pouvoir, mais il n'est visiblement pas capable d'avoir autant de responsabilité. Il mélange tous les domaines (état, cour, famille). Il gouverne donc selon ses caprices, son bon vouloir.

    B- Un éloge ironique

    C'est un éloge :
    Termes mélioratifs " magnifique ", " génie ", " inépuisables ".
    Hyperboles suspectes " inépuisables "

    Il est ironique.
    Antiphrase employée.
    Louis XIV dépense beaucoup ce qui entraîne la ruine comme à Versailles :
    " il y a plus de statues dans les jardins de son palais que de citoyens dans une grande ville." : Usbek paraît impressionné lors qu'en fait cela signifie que Louis XIV ne gouverne plus que ses statues.

    " Sa famille, sa cour, son état ". Cette juxtaposition montre non pas que c'est un talent de savoir gouverner tous ces domaines de la même façon, mais en fait que le roi mélange tous les domaines.


    Conclusion

    On voit donc l'habileté de Montesquieu qui joue de sa fiction de correspondance pour faire dire innocemment à un Persan que le comportement du roi de France est aberrant et aborder par là une réflexion sur l'exercice de son pouvoir. On peut donc se demander quel est l'intérêt pour l'auteur de publier ce roman un fois que le roi Louis XIV est mort ?

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  • Introduction     Œuvre gigantesque entreprise pas Jean d’Alembert et Denis Diderot, l’Encyclopédie se présente comme un dictionnaire des connaissances du XVIIIème siècle. Mais elle a également une portée politique et critique, par certains articles sur la monarchie absolue, la pensée dominante et l’organisation sociale.
        L'article Autorité Politique va assurer la transition entre L'Esprit des lois (1748) et Le Contrat social de Rousseau. Les uns ont trouvé son article très peu timoré et les autres subversif.



    1° axe : L'idée fondamentale de Diderot

        Aucun pouvoir ne saurait être légitime s'il ne provient de l'abandon librement consenti de tout ou partie de la liberté attachée à la nature humaine.

    a) L'accession à la liberté : la raison (l.3)

        Dès que l'homme est adulte, capable de se gouverner lui-même à l'appui de cette assertion : l'autorité paternelle " la seule qui soit naturelle " mais cesse dès qu'elle n'est plus exercée par un père dans le cadre strictement familial.
        L'autorité vient de la nature (paternelle) ou de la force "force, violence, emparé, tyran, joug" ou du "consentement" (trois occurrences)
        La 2ème est régit par la loi du plus fort.
        La 3ème est limitée par la Rép et doit être utile à la société et avantageuse pour tous.

     Elle instaure un ordre de subordination.

    • ne se laisse pas impressionner par le cérémonial de l'accueil
    • fins observateurs
    • ont su livrer le résultat de leur observation ( 10 et après)
    • ont du bon sens (roi :enfant)
    Conclusion partielle : Pour Diderot, le tyran est celui qui tient son autorité de la force, alors que le prince a un pouvoir légitimé par le consentement du peuple et respecte un contrat avec celui-ci. Cette autorité ne doit agir que par raison et avec mesure (ligne 32).



    2° axe : Une argumentation rigoureuse

        Diderot ne pense pas à la révolution mais plutôt à une évolution : "quelque fois, change de nature, devenant alors prince cesse d'être tyran".
        Cependant, la 1ère phrase a une tonalité péremptoire (catégorique). Implicitement, Diderot remet en cause la monarchie de droit divin (implicite car censure des Jésuites).
        Diderot bénéficie de la caution de Dieu pour récurer l'église.
        L'argument est repris au paragraphe 4 et utilisé pour justifier le seul type de soumission que Diderot reconnaît.
        C'est parce que l'homme ne s'appartient pas qu'il ne peut pas appartenir à un autre homme : l'homme appartient à Dieu, " maître aussi jaloux qu'absolu ".
        Diderot légitime l'autorité par consentement en passant par Dieu. L'accord par lequel " les hommes établissent entre eux un ordre de subordination, obéissent à l'un d'eux " est la seule soumission que Diderot ne qualifie pas d'un crime d'idolâtrie. La caution religieuse appuie de nouveau l'habileté de l'argument.
        De nombreux connecteurs logiques (mais, en sorte que, donc, car, afin que, parce que, ainsi, alors) sont la marque de la rigueur de la pensée de Diderot. D'autre part, l'auteur ne marque absolument pas sa présence dans le système d'énonciation, utilise le pronom indéfini " on ", qui traduit la distance de l'auteur par rapport à son propos, son souci d'objectivité et le " on " invite le lecteur à vérifier ce qui est dit.


    Conclusion

        Autorité politique est un article de L'Encyclopédie qui définit l'autorité mais qui est aussi une critique de la monarchie absolue de droits divins. Le postulat de Diderot est que l'autorité n'est pas naturelle. Il existe deux sortes d'autorité : celle qui émane de la force et celle qui émane du consentement. C'est à cette dernière que Diderot donne le plus d'importance de manière à critiquer la monarchie française de l'époque. Cet article est construit très rigoureusement.
        Cette critique du pouvoir est également faite dans Lettres Persanes de Montesquieu.



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